on remarque deux catégories de gens:
première catégorie: ils piquent du nez sur leur poitrine, une filet de bave au coin de la bouche et leur tête dodelinant au rythme du métro: ce sont les vrais! les warriors qui, harassés de travail, arrivent à s'endormir alors que toutes les 10 secondes une voix préenregistrée indique la station suivante, toutes les correspondances, la station encore d'après en japonais et en anglais je vous prie.
deuxième catégorie: les yeux fermés, le port de tête assez droit, un air las sur le visage: ce sont les simulateurs. ces gens là ne ferment les yeux que dans un but: ne pas avoir à croiser le regard d'autres passagers. question de respect. ou de timidité.
bon... étant donné que je suis a fortiori une gaijin dans toute sa splendeur et que mon jeu préféré à paris c'est de soutenir le regard des gens dans le métro le plus longtemps possible, je voyais pas pourquoi j'allais pas le faire au japon. d'autant plus que sur place, j'avais les yeux grands comme des soucoupes d'essayer de tout voir, de n'en louper aucune miette. j'en viens à ce petit jeu que j'ai testé au japon sur des individus non consentants pris au hasard dans le métro et désireux de reluquer la gaijin. ça donne que c'est pas intéressant. personne pour soutenir mon regard. d'un coup, la moitié de la rame se retrouve à scruter les publicités accrochées au plafond avec une attention non dissimulée, l'autre moitié étant occupée à baver sur leurs costards cravates...



